Et si on pouvait épurer l'eau grâce à des plantes ?

Publié le par Phytorestore

Développée aux Etats-Unis, en Europe du Nord ou en Chine, la phytoremédiation peine à s'implanter France.

(DR)

"Dépollution par les plantes?" Au bout du fil, la standardiste ne cache pas son étonnement à ces mots. Il faut dire qu'en France, on n'y croit pas. Comment peut-on épurer l’eau grâce à des êtres vivants à l’air si fragile? Le procédé est simple: en passant par une zone aménagée de plantes aquatiques, l’eau est purifiée par les racines et les micro-organismes, qui jouent le rôle de filtres vivants. Les bactéries transforment les matières organiques et les éléments minéraux en substances que les végétaux peuvent directement absorber.

La phytoremédiation présente plusieurs avantages: tout d’abord, c’est une solution totalement verte, sans produit chimique. Résultat, l’eau est plus douce, non agressive, à la sortie d'une de ces "stations". Stations qui s'intègrent de plus parfaitement dans le paysage.

C'est aussi plus économique: pas de béton, peu d’équipement. Enfin, l’énergie dont ce système a besoin vient de la nature, du soleil plus précisément, ce qui est intéressant dans un contexte de crise énergétique.

Une technique de plus en plus appliquée à l'étranger

Depuis les années 90, cette technique fait l'objet de très nombreuses recherches à travers le monde (800 de ces espaces végétaux sont recensés à ce jour). Elle est même appliquée à grande échelle aux Etats-Unis, où elle est soutenue par les pouvoirs publics, confirme Thierry Jacquet, président de Phytorestore et créateur du concept de "Jardins Filtrants®". Depuis 2000 l'EPA (Environmental protection agency) édite et diffuse des guides sur la phytoremédiation. Et chaque année, d'importants contrats publics sont lancés par l'Etat fédéral. En 2005, une cinquantaine d'entreprises se partageaient ce marché de 30 millions de dollars, selon le magazine l'Usine Nouvelle.

En Europe du Nord, on pratique les "baignades écologiques" dans des piscines d'eau 100% naturelle grâce à des plantes aquatiques filtrantes installées dans une partie du bassin. Parfaitement intégrées dans le paysage, elles sont aussi de plus en plus nombreuses chez d'autres de nos voisins: en 2005, plus de 1000 piscines biologiques ont été construites en Autriche, en Allemagne ou en Suisse.

Et chez nous…

Bien que cette solution verte y soit connue depuis une vingtaine d'années, la France reste frileuse. Aujourd'hui, la plupart des stations d'épuration se trouvent dans les communes rurales, pour traiter les eaux usées ou industrielles. Reste quelques exceptions, comme le parc du Chemin de l'Ile, inauguré en 2006 à Nanterre.

Ici, le jardin filtrant est destiné à améliorer la qualité de l'eau pompée de la Seine. Et permet au Conseil général des Hauts-de-Seine d'être exempté de taxe sur les rejets d'eau usée. En traversant les sept bassins, l'eau est en effet épurée, sa teneur en oxygène augmente et le niveau bactériologique baisse, avant qu’elle ne soit rejetée à la rivière, explique Aline Braz, responsable du développement de Phytorestore:


Selon Loïc Chateigner, chargé d'exploitation pour le parc du Chemin de l'Ile et les berges de la Seine, les résultats de ces premières expériences sont encourageants:

"Le système est très efficace au niveau de la bactériologie de l’eau. On a une faible quantité de germes bactériologiques qui disparaissent à la sortie en Seine. C’est un procédé nouveau, mais qui pourrait être très intéressant avec de l'expérience."

Faut-il l'intégrer à l'urbanisme?

Alors pourquoi ne pas intégrer la phytorémediation à l'urbanisme pour réaliser une vraie ville verte? Encouragé par le succès du parc du Chemin de l'Ile, Thierry Jacquet envisage un avenir plein de petits jardins filtrants dans les villes de France.

Ce modèle existe déjà, mais à l’autre bout du monde: dans la ville de Wuhan, au centre de la Chine. Dans un quartier "zéro rejet", les eaux usées sont traitées par les plantes et réutilisées pour la consommation non-humaine: lavage des voitures, arrosage des jardins...

Une idée qui peine à faire son chemin en France. D'abord parce que les plantes y sont considérées comme des êtres vivants et ne peuvent donc pas être traitées n’importe comment. Ensuite parce qu'elles sont moins facilement contrôlables que les produits chimiques.

 

SOURCE : Rue89

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paul tamarelle 25/11/2008 09:11

Bonjour, j'ai pu lire sur d'autres sources qu'il serait possible de rendre l'eau potable avec ce système, mais je ne trouve aucune source fiable qui confirme ces dires.
Je sais que la phytoremédiation permet d'améliorer la qualité de l'eau jusqu'au niveau d'eau de baignade mais de là à la rendre potable pour sa consommation j'ai des doutes...
Pourriez-vous me dire si cela est effectivement possible et si c'est le cas pourriez-vous m'expliquer comment cela fonctionne dans ce cas précis.
Merci d'avance

Paul