Un "jardin filtrant" biologique tout vert, tout propre et sans odeurs

Publié le par Phytorestore

FENOUILLET-DU-RAZES Un "jardin filtrant" biologique tout vert, tout propre et sans
odeurs. Finalement, filtrer naturellement les déjections humaines n'a rien de compliqué.
Voici la recette : de la pouzzolane, du gravier, une quarantaine d'espèces végétales et une
mare d'eau. Et tout cela sans qu'aucun remugle ne vienne envenimer votre rapport nasal
avec l'air ambiant.

Mieux ! Côté visuel, on se croirait dans un espace vert aménagé ; un genre de jardin
public engazonné pour accueillir des ébats enfantins. Sauf que là, balançoires, bacs à
sable et promenades sont interdits, comme dans toute station d'épuration. Car il s'agit
bien de cela. Une clôture grillagée le rappelle.

Beauté paysagère. Pourtant, vu de l'extérieur, et avec un peu de soleil, Manet aurait pu y
peindre son déjeuner sur l'herbe. Mais une aire de pique-nique à cet endroit, ce n'est pas
vraiment dans les tablettes de la mairie : "Quand les élus de la communauté de communes
sont venus visiter ce "jardin filtrant", ils ne voulaient plus repartir" , plaisante le maire
Frédéric Ervic. Enfin non, il ne plaisante pas.

Ce dossier, porté sur les fonts baptismaux voici cinq ans, lors d'un vote du conseil
municipal relatif à "l'assainissement des eaux usées du village", s'est conclu en beauté
paysagère.

Auparavant, les habitants utilisaient leurs fosses septiques. Désormais, toutes les maisons
sont reliées à la nouvelle station d'épuration.

Comment fonctionne-t-elle ? Facile. Il y a trois filtres verticaux et deux autres
horizontaux. "Filtre", est le nouveau terme technique pour désigner ce qui correspond au
bassin des stations classiques. Les eaux usées arrivent sur ces filtres à travers des tuyaux
percés de trous, par lesquels elles s'écoulent.

Nénuphars et grenouilles. Elles sont d'abord filtrées (d'où le nom du bassin) par la
pouzzolane, puis par le gravier enterré juste en dessous, et elle se dirigent ensuite vers la
mare où l'eau et les plantes (nénuphars, roseaux, et plantations diverses, etc.) achèvent
l'épuration.

Et en cas de trop plein dû à de fortes pluies, le surplus d'eau de la mare s'échappe par
une grille couvrant l'entrée d'une canalisation. Celle-ci rejoint un fossé, long de cinquante
mètres, ceint de frênes, de figuiers et de peupliers argent qui pompent l'eau à leur tour et
l'épurent. Ce jardin filtrant n'est pas un arboretum, mais presque. "Un jour, dans cette
mare, on y mettra des poissons" , confie Eric Ervic. Et il opine du chef, comme pour se
convaincre lui-même du bien fondé de cette idée : "Oui, on en mettra. Quelqu'un m'a dit
que récemment, deux canards s'étaient posés sur la mare où on trouve déjà des
grenouilles." Alors, si les canards et les batraciens s'y sentent à l'aise, tout baigne ! Et
osons l'affirmer : si une personne bénéficiant de ce jardin filtrant ne croit pas à son
efficacité, c'est une fausse sceptique.

Les travaux ont débuté en juin 2007 et se sont terminés en avril 2008.


Source : Midi Libre (Carcassonne, CV Carcassonne). Bruno Coince.

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